Cette année encore, l’Europe n’est pas venue à bout de ses difficultés économiques
Une Europe à deux visages
Si certains pays ont bel et bien réussi
leur retournement, d’autres sont encore
à la peine, sans compter les plus impactés
d’entre eux qui, comme la Grèce, le
Portugal ou encore l’Irlande, se débattent
avec leur dette publique… Quelle que soit
leur situation, tous ont à souffrir de mauvaises
pratiques de paiement qui mettent
en danger leur potentiel à rebondir et à
innover. Pour les pays fragiles, ces mauvaises
pratiques révèlent leur caractère
« entreprisicide ».
Se dessine donc une Europe à deux visages
: celle qui résiste aux intempéries
puisque les pratiques de paiement sont
encadrées et celle qui ne protège pas
suffisamment les entreprises des mauvais
payeurs et qui souffre, plus que l’autre, de
la crise.
Des contrastes importants persistent entre
les pays nordiques, où les échéances de
règlement sont bien respectées, et les pays
du Sud, où les retards de paiement sont
plus fréquents. Par exemple, en Suède,
95 % des factures sont payées dans les 90
jours contre 50 % en Grèce.
Besoin d’une législation plus efficace
Ayant réalisé la nécessité de travailler sur
la gestion de leur poste clients, les entreprises
européennes expriment de plus en
plus leur volonté de voir adopter une législation
plus efficace en matière de délais
de paiement, notamment pour poursuivre
les clients débiteurs particuliers (54 % des
entreprises sont favorables à l’élaboration
d’une législation).
Rappelons que les entreprises européennes
ont durement souffert en 2010
où, chaque jour, elles sont 600 à avoir fait
l’objet d’une liquidation (soit 220 000 entreprises
sur l’année).
Un phénomène probablement lié au taux
de pertes sur créances irrécouvrables
qui ne cesse d’augmenter puisqu’il est
passé de 2,6 % à 2,7 %, soit un montant
colossal de 312 milliards d’euros passés
en pure perte. Le cumul de ces pertes, depuis
2007, s’élève à 1 300 milliards d’euros.
Ce manque à gagner, considérable,
impacte inévitablement la trésorerie des
entreprises, leurs investissements en recherche
et développement et leur politique
de l’emploi.
Allongement des délais de paiement
Les délais de paiement sont plus ou moins
contenus mais ils ne s’améliorent pas.
Ainsi, en Europe, les particuliers et les
entreprises paient 1 jour plus tard en 2011
qu’en 2010 (respectivement sous 40 et 56
jours) et les services publics s’acquittent
de leurs factures 2 jours plus tard, à savoir
sous 65 jours.
Mais ces chiffres recouvrent eux aussi une
réalité contrastée, celle des pays où l’on
paie bien et qui sont sur le chemin de la
reprise… et les autres.
En France, la situation progresse globalement.
Mais malgré la Loi de Modernisation
de l’Économie, effective depuis 2009, les
retards de paiement restent élevés, respectivement
de 18 et 20 jours pour les entreprises
et les services publics, les premières
s’étant stabilisées quand les seconds se
sont améliorés.
Reste que les particuliers sont à la traîne,
payant désormais avec 16 jours de retard
contre 14 l’an passé. En revanche, le taux
de pertes sur créances irrécouvrables s’est
amélioré, passant de 2,2 % en 2010 à 2 %
en 2011, meilleur qu’en 2009 (2,1 %).
Très concrètement, cela équivaut à 4 milliards
d’euros à consacrer à la croissance et à
l’innovation.
Extrait de l’étude réalisée par Intrum Justitia
auprès de 6 000 entreprises interrogées dans
25 pays entre janvier et mars 2011.
Étude complète disponible sur
http://www.intrum.com/fr/Presse-Pub...
