Avec toujours la volonté de développer des modes alternatifs
de règlement des litiges, la FIGEC adhérait le 4 octobre dernier
à l’Association nationale des médiateurs (ANM).
Entretien avec sa présidente, Gabrielle Planès.
Merci de nous tracer en deux mots les
contours de l’ANM…
Gabrielle Planès : L’Association nationale
des médiateurs a été créée en 1993. Elle regroupe
aujourd’hui plus de 400 adhérents
partageant les mêmes valeurs et
démarches : ouverture à la diversité, vision
globale de la médiation, pratique de la
co-médiation le cas échéant et formation
continue.
Nos médiateurs interviennent notamment
en entreprise, et plus particulièrement encore
lors de litiges dans les relations de
travail.
Quel est le but de la médiation ?
Gabrielle Planès : Son objectif est d’aider
les personnes à trouver entre elles un accord
équilibré, réalisable et pérenne. Pour
cela, le médiateur instaure ou restaure la
communication entre les parties et la préserve
jusqu’à l’accord final.
Quelle est la position du médiateur,
son rôle ?
Gabrielle Planès : Être médiateur, cela
signifie être dans une posture très particulière
de tiers, qui ne donne jamais son
avis, qui questionne et va établir entre les
personnes une relation équilibrée et juste,
nécessaire à la compréhension mutuelle.
C’est tout à la fois un rôle de pédagogue
et de traducteur, exigeant une véritable
écoute active.
Le médiateur permet aux individus de se
reconnaître (ce qui est un vrai changement
de société !), donc d’imaginer une
nouvelle réalité dans laquelle chacun
passe de la position de victime de l’autre à
celle d’acteur de la solution commune. Sur
le plan économique, la médiation permet
d’aboutir à un résultat « gagnant-gagnant ».
Pour comprendre le déroulement
d’une médiation, pouvez-vous vous
appuyer sur un exemple ?
Gabrielle Planès : Je viens de terminer une
médiation judiciaire. Une personne, depuis
longtemps employée dans une entreprise
et à la veille de la retraite, s’est
sentie « mise au placard ». Elle a alors
décidé sur ce motif d’aller en justice.
En appel, le magistrat a proposé une
médiation qui a été acceptée par les
protagonistes.
La seconde rencontre dite séance plénière,
réunit tous les protagonistes et,
éventuellement, leurs conseils. L’égalité
de traitement est de mise. Pour ma part,
je pratique le « sans table… dénouer ».
Le plus souvent, ces séances sont chargées
d’émotion car chacun est invité
à entrer dans le conflit. Les personnes
expriment leurs valeurs, leurs émotions
et leurs sentiments. Le médiateur, par
ses reformulations, ses recadrages et ses
questions met en évidence leurs besoins
et leurs intérêts qui permettront de revenir
à la réalité et d’aborder concrètement
le futur.
Personnellement, je ne prends pas de
notes, ce qui me permet d’être totalement
à l’écoute de chacun. Par contre, les points
essentiels sont notés sur le paper-board, feuilles conservées par le médiateur en fin de séance, visualisant ainsi la réalité
du conflit.
La présence du co-médiateur permet une
répartition des tâches afin de ne jamais
perdre le contact visuel avec les personnes
en médiation.
Une autre séance a permis de concrétiser
l’accord, rédigé par les conseils et signé
par les personnes en médiation. Cet accord
appartient, en effet, aux protagonistes
et à eux seuls.
Comment êtes-vous entrée
en relation avec la FIGEC ?
Gabrielle Planès : J’ai rencontré Guy
Renault, secrétaire général de la FIGEC,
en compagnie d’une administratrice de
l’ANM : Hélène Gebhardt. Il a été très intéressé
par notre démarche. Nous allons très
prochainement signer une convention qui
nouera des relations entre nos deux structures
et permettra à la FIGEC de disposer
de médiateurs extérieurs, indépendants
et dont la neutralité est garantie. J’espère,
et n’en doute pas, que cette association
donnera les meilleurs résultats !
Toutes les informations sur l’ANM : http://mediateurs.asso.fr/