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Contentia et l’université Lille I lancent le CRI®

Créé par Contentia (membre de la FIGEC) et le master d’Ingénierie Statistique et Numérique de l’Université Lille I, le Contentia Recovery Index, premier indice de mesure de la capacité de remboursement des
ménages français, est publié chaque trimestre. Entretien avec Carolyn Duchaussoy, responsable marketing de Contentia, et Nicolas Cabaj, chef de service des études statistiques, et Christophe Biernacki, responsable du Master 2 d’Ingénierie Statistique et Numérique.


Comment est né le projet ?


Nicolas Cabaj : Il date de fin 2010. Comme tous les membres de la FIGEC, nous avons fait un double constat : fort accroissement des encours des ménages français et difficulté croissante pour recouvrer ces dettes.
Dans un contexte de crise économique, il était urgent de disposer de statistiques dans le domaine du recouvrement.
Nous avons alors eu l’idée de créer un indicateur qui permette - entre autres - de savoir si le recouvrement se complexifiait ou se simplifiait, d’en apprécier les tendances…
Pour cela, il fallait choisir des critères influençant. Notre base de données, BtoC, nous en a fourni certains que nous avons complétés par des données de la Banque de France concernant les dossiers de surendettement.

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Et finalement, quels sont les critères retenus pour le CRI ?


Nicolas Cabaj : Nous en avons défini neuf. Quatre d’entre eux sont des dettes moyennes, c’est-à-dire les montants moyens des impayés, et cela dans les principaux secteurs d’activité de Contentia : la téléphonie, le crédit consommation, l’assurance et l’énergie, secteurs représentatifs des dépenses des Français.
Entrent également dans le calcul une donnée sur la capacité mensuelle moyenne de remboursement des débiteurs, une sur l’insolvabilité et un indicateur de risque.
Les deux dernières variables sont constituées par l’évolution des dossiers de surendettement et celle des procédures de rétablissement personnel (PRP).


Combien de temps pour voir le projet aboutir ?


Christophe Biernacki : Il a fallu un an et demi, entre le projet initial de Nicolas Cabaj et la publication de l’indice.
Contentia nous a contactés pour un partenariat que nous avons accepté. Notre mission était de confirmé la validité du CRI et cinq étudiants ont vérifié durant six mois sa cohérence.


Validité externe : est-ce que quelque chose de similaire existait déjà ? Contentia s’était assurée auprès du Crédoc* qu’un tel indice n’existait pas. Nous avons comparé le CRI à des indices comme le taux de chômage, la capacité d’épargne… et mesuré leurs corrélations, qui étaient proches mais pas identiques. Le CRI apportait donc une information inédite.
Validité interne  : le parti pris de départ était l’équivalence de poids entre les neuf critères. Nous avons fait varier ces poids dans tous les sens pour savoir si dans le temps, on obtenait des variations de fluctuations.
Les résultats ont été satisfaisants : les variations n’étant pas significatives, nous avons conservé l’équivalence de poids.


Notre étude a abouti à ces conclusions :

  • Pas de corrélation entre chaque critère (donc pas de redondance d’information)
  • Même importance de chacun d’entre eux (donc jauge finale exacte),
  • Pas d’autre indice similaire (donc choix pertinent).


Avez-vous constaté des rapprochements avec les taux de chômage, avec les défaillances d’entreprises ?


Nicolas Cabaj : Cela a constitué un des derniers points de vérification. Si le CRI est cohérent avec ces indicateurs, il n’est pas directement corrélé, donc il apporte réellement une nouvelle information.


Le master dont vous êtes responsable a-t-il déjà été engagé dans des partenariats similaires ?


Christophe Biernacki : Non, jamais à ce point. Si nous sommes souvent interrogés par des entreprises pour des problématiques statistiques, nous intervenons en tant que conseil. Ici, nous avons lié une
relation contractuelle, Contentia s’engage à fournir des sujets d’études aux étudiants, à prendre régulièrement des stagiaires et à verser sa taxe d’apprentissage à l’université.


Existe-t-il un indice similaire en Europe ?


Carolyn Duchaussoy : Non, mais c’est un développement sur lequel nous avons avancé avec Contentia Belgique. Nous avons notamment travaillé sur la définition des critères les plus pertinents qui ne sont pas forcément les mêmes que pour la France, la gestion du surendettement par exemple est différente.


Quelles sont les retombées aujourd’hui ?


Carolyn Duchaussoy : La presse et notre secteur ont répondu avec enthousiasme à cette création. L’information a été relayée par une quinzaine de supports, papier ou web, locaux et nationaux, dont notamment Le Monde (supplément économique), La Lettre de l’Expansion et Challenges.fr.


Ce bon relais de la presse prouve la qualité de notre projet, pour notre plus grand plaisir.


Quels accès pour cet indice novateur ?


Carolyn Duchaussoy : Le résultat global du CRI est en ligne sur notre site internet et notre blog www.leblogdurecouvrement.com.
Dans un premier temps, le détail est réservé à nos clients mais nous souhaitons l’ouvrir au plus grand nombre, mettre cet indice à disposition du monde économique et financier.

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